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Grands comptes : des systèmes logistiques en attente d’harmonisation

LOGISTIQUE.COMVéritables cavernes d’Ali Baba, les systèmes d’information logistiques des grandes entreprises ont hérité d’un lourd historique informatique issu du rapprochement de filiales, d’achats, de fusions entre sociétés. Résultat, jusqu’ici on s’est plus attaché à rationaliser l’existant qu’à optimiser les flux et processus logistiques. Pour le plus grand bonheur des éditeurs.
La situation est sur le point de changer.

Le secteur de la distribution reste celui qu’il faut conquérir à tout prix

Pour certains en phase de stagnation, pour d’autres en pleine mouvance ou encore à conquérir, le marché des progiciels de supply chain « grands comptes » est un peu à l’image de leurs systèmes d’information logistiques : complexe et difficile à cerner. « Ces systèmes d’information logistiques sont de véritables cavernes d’Ali Baba.

Le royaume du « j’ai tout fait et mon système est le meilleur ».

Des environnements où se côtoient pas moins de 200 applicatifs différents, pléthore d’applications et des interfaces de toutes part » note ainsi Bruno Petozzi, business developper industrie et distribution au sein du cabinet de conseil Cap Gemini.



Un constat qui n’a cependant rien d’une caricature. Car depuis des dizaines d’années, les systèmes d’information logistiques des grands groupes français se sont construits au rythme des fusions, acquisitions, rapprochements ou détachements de filiales : autant de structures qui n’adoptaient pas toujours des choix homogènes en matière de technologies, mais ravissaient le business des éditeurs. Pour Bertrand Le Bourgeois, responsable marché industrie chez Oracle, « les grands groupes disposent en général de deux ou trois PGI pour la gestion comptable, financière, de stocks et de solutions de niche pour des besoins de gestion plus complexes tels que la planification avancée, l’optimisation des picking ou encore la gestion des approvisionnements en ligne. Les filiales des grands groupes gardent par ailleurs souvent la liberté de choix de solutions pour leur système back office, même si ce dernier reste entériné par leur direction générale. » Aujourd’hui, cette situation est en train de changer.

Tous ces systèmes applicatifs coûtent cher à maintenir et les grandes entreprises se focalisent vers de vraies problématiques :

La solution doit forcément passer par une meilleure organisation interne et une meilleure structuration de la chaîne logistique.

En clair : il faut apprendre à travailler mieux.

Pour ce faire, au lieu de mettre en place des outils limités à la simple exécution de la supply chain et au traitement des données logistique, tels que les PGI, les entreprises vont devoir passer à l’heure du pilotage de leurs activités opérationnelles logistiques. » commente Bruno Petozi de Cap Gemini. Des outils de pilotage que l’on va retrouver tour à tour selon les éditeurs sous les acronymes BAM, BPM, Business Intelligence, et qui vont dans des contextes d’ouverture des marchés, d’internationalisation, donner toute la réactivité et la flexibilité aux groupes, dans l’objectif de dégager plus de chiffres et d’être concurrentiel.

« Le pilotage de l’activité opérationnelle est aujourd’hui l’un des rares vecteurs potentiel d’optimisation de la supply chain, puisque directement contrôlable en interne. Et c’est toute l’organisation des grandes entreprises qui sera amenée à être fortement remise en cause dès cette année et pour les années à venir » analyse Bruno Petozzi.

Pour SAP comme pour Oracle, le secteur de la distribution reste sans contestation celui qu’il faut conquérir à tout prix. « C’est un secteur où l’on retrouve de nombreux applicatifs spécifiques. Nous proposons une application de planification avancée au sein de notre offre SAP for Retail et pour l’année 2005, nous avons augmenté notre chiffre d’affaires de 63% sur ce secteur » commente de son côté Jean Michel Franco, directeur des solutions marketing chez SAP France.

Generix qui a recentré son activité en 2005 sur le négoce et compte plus de 300 références dans ce domaine avec son offre pack Retail mais aussi Oracle avec son offre « Retail » ciblent également fortement ce secteur. La filiale belge du groupe Carrefour a ainsi choisi mySAP Retail pour gérer sa chaîne de réapprovisionnement.
Aujourd'hui, c'est plus de la moitié de son chiffre d'affaires qui est pris en charge par cet environnement avec, à la clef, de sérieux bénéfices sur la gestion des stocks et des marges. « L'objectif initial de ce projet consistait à optimiser la chaîne de réapprovisionnement en diminuant le niveau de nos stocks sans dégrader le service au client » explique Michel S'Jongers, directeur de l'information et des technologies chez Carrefour Belgique.
La capacité de la solution SAP for Retail à s'interfacer avec un existant informatique riche en applications hétérogènes a également été déterminante dans les critères de choix du distributeur. En 2000, alors qu’il remettait à plat ses processus, cette réorganisation l'a tout naturellement conduit à une rationalisation de son informatique.
Les modules finance et contrôle de gestion de SAP ont été conservés. Plus hétéroclite, le parc applicatif restant est renouvelé progressivement. « SAP for Retail remplace 42 applications et 5 bases de données d'articles. » souligne Michel S'Jongers. Et d’ajouter : « En concentrant tous les articles dans une seule base, nous avons gagné en cohérence. Nous avons aussi optimisé notre efficacité en mettant en place une infrastructure de partage de l'information s'appuyant sur la plate-forme d'intégration d’application (EAI). »

En 2006, la supply chain sera au centre de l’organisation des grands comptes

« Il n’existe pas une seule vérité et une réponse universelle qui permettrait de gérer son système d’information logistique »

En d'autres termes, grâce à la fluidification des échanges d'informations entre applications opérés par l'outil d'EAI et à l'ouverture technologique de SAP for Retail, Carrefour Belgique gère désormais ses processus de manière globale, en temps réel, qu'ils soient pris en charge par une ou plusieurs applications. « Il n’existe pas une seule vérité et une réponse universelle qui permettrait de gérer son système d’information logistique » souligne Bruno Petozzi de Cap Gemini.

Les besoins des grandes entreprises qu’elles soient issues du transport multimodal, de l’industrie de chimie complexe, ou de la distribution, sont tellement divers et variés, qu’il serait tout à fait utopiste, voire malhonnête de prétendre pouvoir les adresser avec des solutions standards tels que les PGI.

supply chain solutions

Jusqu’ici les grandes entreprises avaient deux alternatives.

La première reposait sur des développements « maison » qui correspondaient bien à leurs attentes et contraintes en matière de SCM mais qui demeuraient coûteux en maintenance et surtout posaient de gros problèmes d’évolutivité au système d’information.

La deuxième alternative était proposée par la mise en œuvre des meilleures pratiques des PGI.

« Il existe une autre vérité. Il faut absolument sortir de ces paradigmes et faire en sorte que le système d’information puisse gérer le mieux possible les tâches qui lui sont confiées car une grande entreprise ne peut rentrer dans le process dicté par un PGI. » commente Jean-Charles Deconninck PDG de Generix. Avec son framework, Generix est ainsi l’un des rares éditeurs du marché à avoir la capacité à proposer des co-adaptations de ses solutions avec ses clients.
Et de tenter ainsi d’apporter aux entreprises le meilleur des deux mondes, celui du PGI et du spécifique, via une totale complétude fonctionnelle. « Le problème c’est que la consolidation du marché des éditeurs de PGI est génératrice d’un mode de pensée unique, alors que nous défendons au contraire l’innovation et la créativité au sein des systèmes d’information. » soutient Jean-Charles Deconninck.

Comment l’éditeur y parvient-il ?
D’une part en proposant avec « Generix Collaborative Entreprise » une offre logicielle de bout en bout qui couvre toute la chaîne de valeur de l’entreprise (achats, logistique, administration, vente). Une offre basée sur un socle technologique ouvert et évolutif « e-gx » reposant sur une architecture orientée services (voir encadré) et sur lequel l’éditeur a investit près de 15 % de son chiffres d’affaires cette année.
L’autre atout de Generix est d’afficher une totale indépendance visà- vis des technologies propriétaires et diminution des coûts oblige, d’investir massivement sur les environnements Open Source (logiciels libres, Linux) et les technologies standard du marché (J2EE, Java, SGBDR Oracle etc…).

L’innovation étant au cœur de sa stratégie, l’éditeur a par ailleurs déposé plusieurs brevets dans le domaine de la conception des flux. L’éveil des grandes entreprises à l’homogénéisation de leurs systèmes d’information logistiques demeure cependant très difficile, en particulier dans le secteur de la grande distribution qui reste très centrée sur son nombril. « Il faut éduquer ces entreprises pour leur expliquer que le marché n’est pas ce qu’elles en attendaient et qu’à force de chercher des optimisations opérationnelles au mauvais endroit, on arrive aujourd’hui à une situation très tendue d’un point de vue légal » note Bruno Petozzi. Un changement et des optimisations de processus qui devraient s’effectuer de manière itérative.

Début 2006, les grandes entreprises se sont surtout posé la question de comment garder leurs clients.

Dans un deuxième temps, elles étudieront la manière d’optimiser l’organisation interne afin de fournir un meilleur service au meilleur coût, via des stocks adaptés. Il leur faudra également veiller à optimiser les systèmes de réapprovisionnements qui sont encore basés sur les statistiques de ventes en leur donnant plus d’intelligence. Cette restructuration de l’entreprise va inévitablement passer par une phase de re-engineering de processus. « La meilleure alternative consisterait, de mener un état des lieux des processus, si nécessaire de les revoir entièrement et d’y associer cette démarche à du pilotage d’activité pour ne pas retomber dans les erreurs du passé » analyse Bruno Petozzi.

LE JOURNAL DE LA LOGISTIQUE : 2006


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