
Michel Roux, consultant indépendant, évoque les raisons possibles au retard d’automatisation en France :
Il peut y avoir
un coût à l’investissement avec des choix de durée de payback parfois draconiens, de 18 mois ou de 2 ans, ce qui est un peu court
La crainte de l’avenir : s’il est facile de revendre un chariot, c’est plus difficile avec un transtockeur par exemple Le manque de flexibilité des systèmes très automatisés : passer de 1000 cartons heure à 2000, ce n’est pas possible. Avec les chariots on peut en louer un autre, faire appel à un cariste intérimaire… Avoir un convoyeur intérimaire est par contre plus difficile La diminution du temps de travail : moins vous utilisez un système automatique et plus il vous faudra du temps pour l’amortir
Contrairement à ce qu’on entend, il y a aussi
le désir de garder du personnel, ce qui peut induire à terme une perte de compétitivité
Les chariots ont fait beaucoup de progrès. Se tourner vers un système transitique s’impose donc moins. Leurs prix sont en effet restés stables, leur ergonomie s’améliore, les fabricants ont eux-mêmes automatisé certaines fonctions (comme le retournement des palettes dans les allées ou la mise à niveau automatique) et ils ont, de plus, amélioré la sécurité. Tout cela fait que l’on a moins envie d’aller chercher des systèmes de convoyeurs
La méconnaissance des outils peut aussi être un frein.
Pour les flux d’information, les services que peut rendre un WMS sont encore trop méconnus.
L’identification automatique peine aussi : la RFID met du temps à s’imposer, sans doute à cause de son coût élevé et de problèmes de fiabilité à partir du moment où on veut lire plusieurs étiquettes à la fois dans un même carton
Michel Roux, consultant logistique indépendant
QUELQUES CHIFFRES DU CISMA
Le marché de la manutention produit sur le territoire français pour 3,1 milliards d’euros selon le Cisma, dont 1,6 qui restent sur le marché français (en augmentation de 11%) et 1,5 qui sont exportés.
La France importe pour 1,4 milliard d’euros. Sur ces 3,1 milliards d’euros produits, 1,5 le sont par le secteur des chariots, en augmentation de 14%, 1 milliard par le levage industriel (ponts roulants, treuils, les palans, les accessoires de levage, les nacelles élévatrices, etc.), en progression de 7%. 400 millions concernent les charges isolées, soit une croissance de 14% par rapport à 2004 et 200 millions sont le fait du secteur du stockage avec 12% de plus que l’année précédente.
LOGISTIQUE MAGAZINE | MAI 2006