
20/04/08 : La SNCF rachète sa filiale Géodis ? 'Ben ça alors ! ...'
Au premier abord cela m'est apparu comme un 'Poisson d'Avril' ! Faut dire qu'il y avait de quoi, le sujet, la date !!! Mais non il semblait bien que s'était vraie et puis pstiiichhh !!! Plus rien ? Alors il doit bien y avoir des explications possibles d'autant que cela fait suite à une 'révolution de palais' départ ‘précipité’ de Mme Idrac et arrivée de Mr Pépy ?
1- Aux origines : "Qui méprise l'histoire est toujours rattrapé par elle" !!!
La profession du transport n’a pas toujours été autant encadrée qu’elle l’est actuellement et ceci depuis 1934 …
Avant s’était la temps de la liberté d’entreprendre, au plein sens du mot et cela grâce ou à cause de la guerre de 1914 – 1918, aussi étrange que cela puisse paraître ? Ce conflit fit surgir dans notre société le moteur à explosion - Ainsi qu’entrepris de la décrire un célèbre général, de Gaulle - comme force motrice de nombre de nos inventions.
Ce surgissement se fit autant d’un point de vue médiatique – déjà – ainsi les Taxis de la Marne du Général Gallieni en 1914 que d’un point de vue social, le grand nombre d’hommes qui apprirent la conduite d’engins et aussi logistique la possibilité de constitution de stocks imposants et de proximités, « arrières » des grandes batailles de 1916,17 et 18 …
Les premiers films parlants sont emplis de ces véhicules et tous les Pagnol de années ‘30’ voient un autocar desservir la petite bourgade ensoleillée en provenance de la préfecture … Le même d’ailleurs que dans la chute des’ Choristes’ !
La possibilité de cette irruption, on l’aura compris, provient de la concomitance de trois sources :
• Un développement économique du à l’essor de la consommation qui irrigua l’ensemble du territoire d’une myriade de petites et moyennes entreprises
• Une capacité de production à savoir la possibilité de racheter l’immense parc automobile que les forces américaine avaient concentrées en France des 1918
• La capacité sociale d’utilisation des véhicules par la diffusion de la conduite automobile…
Ce temps béni eu une fin, le décret –loi du 19 avril 1934, qui siffla la fin de cette partie là …
L’origine se trouve classiquement dans ce qu’est la France … Un Etat qui ni ne supporte ni ne peut admettre La ou Une forme de concurrence …s’il ne l’a conçu et organisé.
Toute l’histoire est alors contenue dans ce lieu origine, une profession de type : ascenseur sociale, qui nécessite la fluidité, est sous le contrôle strict de l’appareil d’état qui en régule le débit tout autant que la promotion interne au travers des titres et diplômes …
La voie ferroviaire eu à souffrir dans son développement et ce depuis ses origines, d’un mal chronique, le déficit d’exploitation que ce soit pour les lignes 'd’intérêt général' comme 'local'
Le lignes dite d’intérêt général furent endémique ment déficitaire (Sauf le réseau du Nord ) ce qui obligea l’état à venir à leur secours soit en comblant les déficits soit en instituant des conventions – sorte de délégation de services publics – en 1859 et 1881. Il en fut de même pour les lignes locales subventionnées par les collectivités locales
La loi de 1921 homogénéisa ces pratiques et institua un seul et même régime d’intérêt général qui permit de combler les passifs, mais des 1929 ces derniers étaient de retour !
La ‘Coordination Rail Route’ allait aussi bizarre que cela puisse paraître naître sur le pont de la concorde le 6 février 1934 …
La nuit d’émeute eu pour répercussion de faire démissionner Mr Daladier au profit de Mr Doumergue qui tiré de sa retraite arriva à Paris en train accueillit par le directeur des chemins de fer qui du bien le former puisque des le 16 février Mr Doumergue au Conseil Economique et Social énonça qu’il fallait en finir avec la liberté du transport routier afin de remettre de l’ordre dans le pays.
Le Décret – Loi du 19 avril 1934 institua donc :
L’interdiction de la libre création d’activités de transport routier pour compte d’autrui ainsi qu’un ‘Comité de Coordination’ (Bientôt dit ‘Central’) de 5 représentants qui statueraient en
derniers recours.
Le Comité créa un représentant par département qui devait, recenser les entreprises de transport routier, dénombrer les véhicules les trafics et organiser localement les plans de transport en coordonnant fer et route …..
Les premiers décrets d’application parurent en février 1935, ils organisaient la coordination en matière de trafic voyageurs instituant une clause tarifaire de sauvegarde qui obligeait le transport routier à vendre plus chère un même billet.
Par contre la planification ‘marchandise’ était impossible puisque les comités ne maîtrisaient pas la demande …
Les responsables des réseaux ferrés encadrèrent alors les véhicules en instituant des cartes 'Rouges' - on en reparlera en 1947 - par engin qui définissaient les types de distances et de marchandises qu’il pouvait transporter et le 13 juillet 1935 naquit la TRO ... qui pris fin avec la LOTI de cinquante année plus tard.
« C'est donc peu dire que la SNCF s'intéresse au transport routier, voyageur comme marchandises ! La SNCF c’est l’Etat ! »
2 - Faisons un 'saut' dans le temps ...
Les années 1980 vont voir une réorganisation de la profession avec une 'prise' de pouvoir de la VR sur la VF ...
Ø Sous les coups de la croissance économique et de ses impératifs : "O stock", Flux tendus, 'Achat 'au dernier moment que l'on soit entreprise ou particulier ...
Ø Sous les coups du progrès technique : ubiquité de l'information, bourses de fret et ERP
Ø Sous les coups du rapport de force entre une 'organisation vieillissante, bureaucratisée et moindrement "in" en technologie" et un secteur attractif déployant des logiques 'individualistes', de promotions sociales et s'inscrivant dans la modernité ...
Des l'apparition de la LOTI et de la fin de la TRO la partition entre la partie VR dont disposait la SNCF était actée et se fut :
La création de Géodis sur le môle 'Calberson' marchandises
et de Kéolis en voyageurs - Pour ratisser large lors des fermetures de lignes locales -
L'évolution se continua sous les 'obligations' de Bruxelles et de la politique de libéralisation des transports'.
La partition entre 'propriétaire du réseau ferré et 'utilisateurs' dudit réseau, instituait la fin du monopole des transports et une concurrence possible pour la SNCF !
Evidement cette dernière a réagi en se lançant dans un projet 'technologique' (Dans le droit fil des projets d'Etat à la française : Projet des ses Ingénieurs financé par la Collectivité nationale) qui lui permettait de soutenir sa 'potentielle' perte d'influence : Le TGV
Géodis devint autonome ... (seule la direction générale conserva la convention collective ferrée) et se développa, avec quelques effets d'humeurs, ainsi le refus de prendre la Sernam dans son giron ...
Autour de nous dans l'UE des 6 originels, seule l'Allemagne disposait d'un organisation ferrée comparable. Les choix fait par cette dernière furent 'évidement' à l'opposé de ceux de la SNCF TGV aidant. La Deutsch-Bahn s'est lancée dans la Logistique rachetant ses concurrents et d'autres jusqu'à devenir un acteur essentiel du marché logistique de l'UE des 25. A l’export des savoirs – faire la SNCF se faisant même concurrencé par Véolia dans la maîtrise du réseau britannique.
« La SNCF a loupé la marche Logistique ! »
3 - Que peut-il y avoir derrière cette annonce ?
De toutes façons, des différences de perspectives d'évolutions si ce n'est un 'conflit' d'intérêt au sein de l'Etat !
On aura remarqué que sous la direction de Mme Idrac, cette dernière n'aura pas ménagé ses troupes stigmatisant :
'Des relations sociales d'un autre âge' ; Sous entendu une vision 'Classe contre Classe' avec des Ingénieurs d'Etat, forts de leurs légitimités techniques et des Salariés d'Etat attendant tout de leur Dieu-pâtron.
'Le rappel que l'usager est un "Client" ...' et à se titre doit bénéficier d'un service ... – facile, mais la galère de l'EuroStar du vendredi 18/04 est là pour montrer la distance qu'il reste à parcourir … Parfois !!!
On peut donc admettre que la tendance de cette forme de direction visait à une privatisation 'Douce, discrète voire rampante' de la structure ; Avec un développement de la VR qui aurait pu s'inscrire dans un projet Logistique 'privé' ou les poids lourds du marché national, Dentressangle ... SDV ... aurait eu à s'unir face aux structures allemandes Schenker, Deutsch - Bahn ... faisant de la SNCF une sorte de filiale de moyens ... avec une partition des trafics Voyageur et Marchandise - Ce dernier pôle retrouvant avec les impératifs "écologiques" des perspectives de développements plus que 'durables' ... obligatoires !
Mais un appareil d'état comme la SNCF qui est consubstantiel à la France peut-il mourir ? (Le Général de Gaulle disait d'elle : "C'est l'armée, la discipline en plus !")
C'est là que ses vieux 'souvenirs' du "Comité de coordination" seront réapparus ! La SNCF n'a d'avenir que comme 'régulatrice' des transports tout mode confondus en France !
L’éviction de Mme Idrac -qui aura frappé par sa rapidité - correspond la volonté 'historique', une sorte de glaciation comme cela se faisait parfois au ‘Bureau Politique’ de l'URSS ; Car pourquoi 'récupérer' les 58% du capital de Géodis si ce n'est pas ‘frilosité’… Disposant de 42% rien ne se faisait sans son accord !!! Mais il fallait discuter avec d'autres intérêts, une sorte de débat démocratique ... Oups !
Là avec 100% c'est la ligne 'je ne veux voir qu'une tête' qui prend le dessus, même l'état ne se le permet plus !!! cf les reformes en cours ?
« La structure se ferme sur elle-même et tente son va tout ! »
4 - Où va la SNCF en logistique ?
Il m'apparaît que l'avenir va être sombre ? Pourquoi ?
En premier des forces novatrices en provenance du privé vont se désintéresser de la question, Mr Bolloré est à surveiller dans sa vente potentielle de SDV au profit de la communication puisque le ‘gambit’ du fret ferré n’est plus d’actualité !
En second la direction de la SNCF ne se rend pas forcement compte à quel point le débat idéologique est sous jacent de la négociation commerciale ... se souvenir des positions concernant le Sernam, alors que se dernier avait des horaires de ramasses bien plus attractives que celles des messagers privés...
L'Idéologie de cadres responsables en logistique ne me paraît pas être dirigée vers du 'plus' d'état et ce rachat en donne l'impression ... Le Durable ni fera rien et l'obligation ne se retranscrira pas en monopole puisque des solutions 'alternatives' seront possibles via les prestataires UE, quand ceci ne concourra pas à faire d'autant plus fuir des 'industries' du territoire ...
En troisième ce rachat sonne comme un 'pied de nez' aux projets des forces qui ont portées le nouveau président de la république au pouvoir ? "Moins d'Etat et Travailler Plus" N’est pas
du registre de 'Sud' ... (Sauf à mettre encore plus à mal les centrales 'collaboratrices' ... car on va vers des périodes de rigidification des positions des individus, cf les grèves spontanées de 1995 ! et les redites dernières …)
Alors simple effet d'annonce ? Sûrement Non.
Volonté de remettre la main sur le transport via la logistique ? Sûrement Oui.
Possibilité de réussites ? Aucune.
Que va-t-il se passer ? A terme la DB reprendra l'ensemble Fret ... et la SNCF se focalisera sur le TGV en Europe ! C’est peut-être là le « deal » … une histoire d’appareils (et) d’Etat …
Rendez vous dans 5 ans ?